À nos horizons déplacés

Blog de gabi :Comme un sang d'encre..., À nos horizons déplacés

À nos horizons déplacés

 

Encore un coucher de soleil
Nous sombrons dans le sommeil
Repos du néant, somnifères
Narcotiques dans les artères

Certains se réveilleront
D’autres s’entasseront
Dans le sous-sol de la Terre
Là, ils n’ont plus froid en hiver

Encore l'aube déchirée
Un commencement chaviré
Le sang couvre déjà le sol
Dans un mélange d’alcool

Société prostituée
Dans la veine à litée tuée
Corps offert petit à petit
Sali par les graffitis

Encore à l’honneur le gris
Le ciel, comme l’homme s’aigrit
Les maisons sont obscures et closes
Les esprits n’éclosent, tout explose

On a oublié une valise
Un lieu où tout se vandalise
On a oublié une corde
Accrochée sur la concorde

Fixée à une balançoire

Celle qui penche
Entre aujourd’hui et demain

Les bras ballants ce soir
Encore un triste jour
Oublions-nous dans une léthargie artificielle

À moins que tout ne détonne…

mardi 17 juillet 2007 02:53


Tombe le masque


 Coldplay_The scientist (merci Headache de m'avoir fait redécouvrir ce groupe grâce à ton blog)

 

Tombe le masque 

 

Si j'oublie ton nom sur le macadam,
C'est que macabre dame je suis...
Sous mon parapluie tombe du gris,
Sur la tombe de l'aigri je ne pleure pas...

J'ai dilué dans les flaques le masque,
Minuit pour le flasque maquillage...
Je révèle le peu acquis par l'âge
à qui ce visage ? à qui cette vie sage ?

Une libellule tachetée pailletée de rouge
vole la musique...
Une girafe rayée, crochetée
dérobe ma vue...

Crois-tu à mon univers ?
Les vers unis ne mangent pas dans le lit ultime
Les pissenlits n'ont pas de racines

Vétuste
Immuable
Debout
Emprisonnée

Puisque rien ne péri, rien ne pourri...

Aujourd'hui, j'ai croqué dans une pèche, elle n'avait pas bon goût...

 

__________________________

 

Tu as encore oublié de regarder derrière toi aujourd’hui…

T’aurais du laisser traîner ton regard…

Juste une fois, juste pour moi

Je sais que c’est pas dans tes habitudes…

 

18h32 et des poussières sur les paupières

 

J’ai pas assez de doigts pour compter les soupirs…

T’aurais pas dû les laisser traîner…

Juste une fois, juste pour moi

Je sais que c’est pas dans tes pensées…

 

18h45 et musiques dans l’esprit

 

Tu as encore oublier de tout me dire

Je n’aurais pas du laisser traîner l’histoire

Juste une fois

Je sais dire : c’est fini…

 

Je quitte un masque… Vous savez de ces beaux masques de Venise…

Je le laisse traîner derrière moi

Juste une fois, je le vois

Et puis je le laisse…

Il pleut

Pas sur mes joues

Mais sur mes jours

Et puis sur le masque aussi

Les couleurs dégoulinent

Il pleut

Tant mieux, ça arrose le jardin

Et efface les traces de maquillage

 

18h59 et les murmures inondés

 

J’aime la pluie parfois…

 

 

Gabrielle

 

samedi 23 juin 2007 23:26


Entre deux routes

Blog de gabi :Comme un sang d'encre..., Entre deux routes

Entre deux routes

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D’un revers de la main , j’efface l’avenue
Trop d’âmes abandonnées dans les rues grande échelle
D'un battement de cils, je fais naître ruelles
Labyrinthe secret où je me suis perdue

D’une impasse omerta, les gens passent, interdits
Contact avec goudron, caresse à fleur d’asphalte,
Sourire en sens contraire organique basalte
Circulation d’un rond point de vie infini

Ligne blanche, ligne continue
Sur un fond noir, sur faux espoirs

Ligne blanche, discontinue
Une autoroute trop rapide

Un battement de cils, je me retrouve ce soir
D’un chemin compliqué, des souvenirs acides

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Gabrielle

dimanche 17 juin 2007 21:51


"Je t'ai dans le sang"

Blog de gabi :Comme un sang d'encre..., 'Je t'ai dans le sang'

Ce texte est la suite de "Chut... petit papillon"

"Je t'ai dans le sang"


Lili est belle. Lili est sur le point de devenir femme.
Il y a eu ce jour gris qui avait tout fait s’écrouler, puis le jour noir…Lili avait beaucoup pleuré, mais elle savait. Sa mère l’avait prévenue… Elle avait laissé son amour dans une larme qu’elle ne versa pas, pour que cette femme qui l’avait portée en elle, s’en aille sans souffrir, sans briser ses remords sur le fil d’une lame de rasoir… La reine était morte.
Lili a dix-sept ans… Voilà déjà trois mois qu’elle a dit au revoir à cette femme si insignifiante aux yeux du monde et si importante aux siens…
Elle avait fait une demande d’émancipation. Sa mère la lui avait donnée la mort au bout des doigts, d’une signature tremblante, les yeux exprimant tout le regret et la désolation du monde…
Lili n’habite plus la grande maison mais un appartement égaré dans la cité…
Elle a rompu tous les liens avec son passé…
_Dépèche-toi David, tu te débrouilles, tu me ramènes cette ordure, qu’il me rende mon fric !
L’ordre avait cinglé, puissant et impossible à contester…
David opéra. Lili avait bien changé. Au départ, calme et discrète, elle rasait les murs. Maintenant, elle se promène avec un rasoir à la main.
David est un grand brun, les yeux noirs et tristes avec un sourire doux.

_Magne toi ! Je m’en fous de ce qu’elle va te faire. Tu dois payer tes dettes.
David exige d’une voix ou aucune faiblesse n’a le droit de s’immiscer.
_Mais je peux pas ! Répond Pedro d’une voix faible.
_écoute, tu t’arranges avec elle !
David n’aimait pas ça. Mais il aimait Lili.
_Le voilà Lili !
_Je t’ai déjà dit de ne plus m’appeler comme ça !
_Oui, Naja…
Naja tourne, zigzague autour de sa proie.
_Alors comme ça, tu fuis ? Aurais-tu peur de moi ?
Naja regarde Pedro dans les yeux, allume une cigarette et lui crache la fumée à la figure. Elle prend son temps, s’amuse un peu, arrive à la fin, une dernière bouffée puis elle écrase son mégot sur le pull du jeune homme tétanisé…
_Tu sais, l’argent, va falloir que tu penses à me le rendre. Tu sais, six cent euros,
Ça tombe pas du ciel.
Elle joue avec son briquet.
_Tiens il pleut… T’as de la chance, j’aime bien quand ça pleut… Casse-toi, je veux mon argent dans une semaine. Je suis gentille, n’est-ce pas ?
Elle réfléchit.
_Oui, je suis gentille.
D’un mouvement sec, elle laisse tomber sa tête sur le côté, ses longs cheveux noirs ruisselants. Elle le pousse d’une main. Il s’écrase sur le sol. Elle tourne les talons et s’enfonce dans l’obscurité des ruelles. David reste sur place. Il s’occupe toujours des marchandages. Il rappelle la date, lance un regard froid, dénué d’expression et s’en va.
Naja s’enfuit dans le méandre de ruelles… Elle aime la pluie, mais seulement quand elle est seule. Sinon, un sentiment de vulnérabilité lui comprime la poitrine.
Elle grimpe sur un mur, s’accroche à une terrasse, gravit la gouttière et s’installe sur le toit. Elle relâche sa nuque, son visage bascule profitant de la pluie. Son maquillage dégouline.
Tout à coup elle perçoit une présence derrière elle. Elle se retourne avec rapidité et effleure de sa lame la chair. Elle ouvre les yeux. David la tient par les poignets et tente de la raisonner.
_Arrête ! Calme-toi !
_Que fais-tu là ! Je vais te tuer ! Je vais te tuer si tu t’approches de moi ! Lâche-moi !
Sur la joue de David, une longue balafre… le sang coule, ses cheveux s’entrecroisent sur sa peau mouillée et sa blessure.
_Je te dis de me laisser !
Elle le pousse brutalement. Il tape la rambarde et se cogne la tête sur la pierre.
_Non ! Ne meurs pas ! Non, stop ! Je veux pas que tu meurs !
Elle s’accroupie auprès de son ami. Sa tête saigne légèrement. Retour au calme, à cette lucidité qui la rend parfois si froide et qui effraie toute la cité.
Elle sent son souffle. Elle appelle son voisin. Il est médecin et lui a souvent épargné des séjours hospitaliers.

David est déposé sur le lit de Naja. Il dort. Yann, le médecin a fait promettre à la jeune fille de le laisser se reposer trois jours durant.
Il pleut toujours dehors.
_ah… ma tête…
_Je t’ai poussé et je t’ai fait mal. En plus, je t’ai entaillé la joue… Pars loin de moi, très vite.
_Mais…Pourquoi ?
_Je t’ai dit de partir, c’est tout. Ne cherche pas à comprendre.
David se lève et se place derrière Naja. Ils se ressemblent, même allure, même regard…Elle se retourne avec précipitation.
David s’exclame :
_Tu ne me fais pas confiance ? Pourquoi ? Arrête de croire que tout tourne autour de toi, ce n’est pas toi qui contrôle le monde, ce n’est pas de ta faute si il s’écroule !
_Non…non ! Tais-toi !
_Je ne me tairai pas, il est temps que tu comprennes que tu n’es pas la seule à être forte !
_Mais tu ne l’es pas ! Tu n’es qu’un pantin !
Elle le pousse violemment contre le mur. Chacun de ses gestes est précis. Voilà bientôt cinq ans qu’elle pratique la lutte.
_Tu crois ça ?
Il se dégage et la plaque à son tour contre le crépit.
_Non, arrête, va-t-en ! Loin de moi !
Elle crie des sanglots dans la voix. Elle reprend :
_Si tu restes, tu vas mourir !
Il la maintient. Il ne lâche pas. Il la regarde dans les yeux. Il ne la laissera pas.
Elle s’écroule dans ses bras. Les larmes ruissellent, noires… Le maquillage créé un long fleuve sur ses joues.
Elle reprend secouée par de violents sanglots :
_Que veux-tu ? Tu veux que je te dise que je suis folle. Que je déteste tout le monde parce que si j’aime une personne, elle meurt ! Tu veux que je te dise que ma mère est décédée il y a huit mois, que ses yeux avaient le goût du vide quand elle m’a quittée ? Et puis que mon père s’est craché dans un accident de voiture, que j’étais à l’arrière du véhicule et que j’ai survécu je ne sais pas pourquoi ? Je pourrai aussi te murmurer que j’ai passé des années sans dire un mot, que je me suis scarifiée à l’âge de dix ans. Je pourrai te raconter que je frappe souvent dans les murs pour me détruire les articulations. Et que si mes yeux sont toujours maquillés, c’est pour cacher les cernes… Tu veux que je te dise que je suis une souillure, une erreur ? Tu veux que je t’avoue que je t’ai dans le sang ? Je vais simplement te demander de partir… Pars !
_Non, je reste…
_Pourquoi ?
_Mais merde ! Je t’ai dans la peau !
Naja prend le rasoir et tente de se trancher les veines. Elle ne veut pas que David meurt, pas lui alors ce sera elle.
Le sang coule mais la coupure n’est pas assez profonde…Elle amorce un geste pour finir de se labourer.
David lui attrape le poignet.
_Je t’en supplie, laisse-moi finir ce que j’ai commencé ! J’ai mal ! Je souffre ! Je te déteste ! Laisse-moi !
Le sang a créé une petite flaque sur le sol nu de la pièce. Des gouttes éparpillées tout autour de ce petit lac dénotent avec le gris pâle.
Elle s’évanouit. Il la prend dans ses bras. Le portable n’a plus de batterie. Le voisin n’est pas là. Il descend les escaliers à toute vitesse tandis qu’il la sent perdre vie dans ses bras.
Dans sa tête une phrase en boucle : « je t’aime sale folle »
Il arrive enfin à un croisement fréquenté. Les gens se précipitent. Sa tête tourne. Il n’aurait pas du se lever. Le néant.

Naja est dans un autre monde. Sa tête est très lourde. Elle est dehors. Le parfum de la pluie arrive à ses narines. Elle penche alors la tête en arrière comme à son habitude. Mais s’étalent sur son visage des gouttes rouge cramoisi. Puis apparaît un arc-en-ciel en rouge et noir. Elle a toujours aimé les arc-en-ciel, comme sa mère. Arrive ensuite une nuée de serpents qui s’enroulent, se crochètent autour d’elle. Ils ne veulent pas l’étouffer. Elle les voit se fondre en tatouages mouvant sur sa peau.
Et puis, tout à coup, elle se rappelle David, sa mère, son père… Ils auraient voulu qu’elle vive. Elle vient de comprendre que ses parents ne doivent pas avoir laissé leur vie pour rien. L’averse sanguine se transforme en neige d’un blanc immaculé. Des libellules se libèrent de ses cheveux, les serpent se transforme en un rosier grimpant.

David endormi rêve d’une montagne aux couleurs mordorées où se promène le murmure d’une rivière qui accroche à ses coudes des fleurs… et dans sa chevelure naît un arc-en-ciel rouge et noir.
La pluie ne tardera pas à se taire et il disparaîtra. La pluie… oui… la pluie sur un visage qu’il aime… Il s’en souvient…


Sa vue s’habitue à la lumière. Il croît en un rêve. Lili est là, les cheveux détachés, une fleur sur l’oreille et des étoiles dans les yeux…
Il croît en un rêve…

Gabrielle

12.06.07

vendredi 15 juin 2007 19:40


Vol


Vol 

 

Les soleils sourient aux étoiles

Loin du sol sur un brillant voile

 

Mais dans ce monde luminescent

On égare

Les nuages, les alizés

Dans les gares, les moments perdus

Les mots menteurs du nu de l’âge

 

Et puis toujours cette phrase qui s’enlise

Que je te la dise ou que tu la lises

Elle fait mal

 

Dans mon univers incandescent

Je me déguise, je décors mes yeux

D’un noir uni et d’un regard presque indécent

 

Je viens dérober un cœur

J’ai froid

Pour toi j’ai mis une robe

Noir discrétion

 

Je te vole

Pour enfin m’envoler

 

J’ai froid

 

De nos cœurs de pierre,

De nos silex,

Je ferai un feu…

 

Et si l’on planait dans une douce brûlure ?

 

Désolée de t’aimer

Je nous consumerai…

 

 

Gabrielle

9 juin 2007

 

samedi 09 juin 2007 22:57


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